LA PAGE DU DIMANCHE

Dimanche de Pâques

Dimanche de Pâques - 21 avril 2019

Voir et toucher pour croire. Le chemin de Thomas rejoint notre propre chemin, avec ses doutes, ses questions et ses actes de foi. Le Ressuscité ne cesse de prendre nos routes humaines pour affermir notre foi. Jour après jour, sa parole semée en notre monde et en notre humanité travaille notre coeur jusqu’à susciter une parole de foi : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »

 

Lecture du livre des Actes des Apôtres (5, 12‑16)

« Des foules d’hommes et de femmes, en devenant croyants, s’attachèrent au Seigneur »

À Jérusalem, par les mains des Apôtres, beaucoup de signes et de prodiges s’accomplissaient dans le peuple. Tous les croyants, d’un même cœur, se tenaient sous le portique de Salomon. Personne d’autre n’osait se joindre à eux ; cependant tout le peuple faisait leur éloge ; de plus en plus, des foules d’hommes et de femmes, en devenant croyants, s’attachaient au Seigneur. On allait jusqu’à sortir les malades sur les places, en les mettant sur des civières et des brancards : ainsi, au passage de Pierre, son ombre couvrirait l’un ou l’autre. La foule accourait aussi des villes voisines de Jérusalem, en amenant des gens malades ou tourmentés par des esprits impurs. Et tous étaient guéris. – Parole du Seigneur.

 

Psaume 117 (118) Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour !

Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !
Oui, que le dise la maison d’Aaron :
Éternel est son amour !
Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !

Donne, Seigneur, donne le salut !
Donne, Seigneur, donne la victoire !
Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient !
De la maison du Seigneur, nous vous bénissons !
Dieu, le Seigneur, nous illumine.

 

Lecture de l’Apocalypse de saint Jean (1, 9‑11a. 12‑13. 17‑19)

« J’étais mort, et me voilà vivant pour les siècles des siècles »

Moi, Jean, votre frère, partageant avec vous la détresse, la royauté et la persévérance en Jésus, je me trouvai dans l’île de Patmos à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus. Je fus saisi en esprit, le jour du Seigneur, et j’entendis derrière moi une voix forte, pareille au son d’une trompette. Elle disait : « Ce que tu vois, écris-le dans un livre et envoie-le aux sept Églises : à Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée. » Je me retournai pour regarder quelle était cette voix qui me parlait. M’étant retourné, j’ai vu sept chandeliers d’or, et au milieu des chandeliers un être qui semblait un Fils d’homme, revêtu d’une longue tunique, une ceinture d’or à hauteur de poitrine. Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort, mais il posa sur moi sa main droite, en disant : « Ne crains pas. Moi, je suis le Premier et le Dernier, le Vivant : j’étais mort, et me voilà vivant pour les siècles des siècles ; je détiens les clés de la mort et du séjour des morts. Écris donc ce que tu as vu, ce qui est, ce qui va ensuite advenir. » – Parole du Seigneur.

Evangile de Jésus Christ selon saint Jean (20, 19‑31)

« Huit jours plus tard, Jésus vient »C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! » Après
cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur. Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre. Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

Homélie :

Alléluia ! L'Église entière, dans tous les coins du monde, chante aujourd'hui l’alléluia de la joie. Mais n'est-ce pas tout simplement de l’indécence de crier Alléluia dans un monde de désespérance et de souffrances ? Alléluia ? Quand, chez nous, en France, certains cassent et pillent parce qu'ils sont habités par la désespérance ? Alléluia ? Quand brûle Notre Dame de Paris. Alléluia ? Quand nos frères chrétiens d’Orient montent un calvaire bien oublié par les médias ? Alléluia ? Quand une jeunesse tourne le dos à l’Église qu’elle dit à côté de la réalité. Alléluia ? Quand des évêques et des prêtres abîment et salissent des enfants ! Surtout que ce matin de Pâques 30, quelques femmes chargées d’aromates n’ont jamais trouvé qu’un tombeau vide ! Pas de quoi pavoiser ! Quand deux apôtres alertés se rendent à leur tour sur place, ils ne trouvent qu’un linceul et un linge roulé dans un coin. Pas de quoi en faire un scoop ! Si Jésus est ressuscité, comme il l’avait annoncé, avouez qu’il est plutôt discret. Et pourtant, la fête de Pâques reste la Fête des fêtes et nous n’en percevons pas toujours l’importance. Au plus, nous nous réjouissons à Pâques, parce que le « roman » de la vie de Jésus finit bien et que ça ne convenait vraiment pas de clore les Évangiles par l’enterrement sans fanfare du pendu de la Croix ! Mais en rester là, c’est passer à côté de l’événement central du christianisme. Sans la Résurrection de Jésus, il n’y a pas, il n’y a plus de christianisme. C’est l’événement fondateur qui doit être au centre de toute vie chrétienne. Avec la Résurrection vient de se passer un événement décisif qui donne sens à toute l’histoire du monde. Un événement choc qui, même s’il fut discret, continue de se prolonger dans une onde de choc éternisée sur laquelle nous aussi nous sommes emportés. Même discret, cet événement est un fait. Un fait dûment établi par un faisceau de signes : le tombeau vide certes, mais surtout ces apparitions nombreuses d’un Christ bien vivant. Les signes, ce sont, bien sûr, tous les témoignages, de ceux qui ont mangé avec lui ou de ces deux hommes découragés sur la route d’Emmaüs, de Marie-Madeleine qui est passée du désespoir le plus noir à la folle joie de l’avoir reconnu, ou de Thomas qui n’a pas voulu s’en laisser conter avant de le toucher. Le signe le plus lumineux n’est-ce pas surtout que ces témoins ont donné leur vie pour le ressuscité : auraient-ils été capables de mentir toute une vie et jusqu’au supplice ? Mais la preuve la plus éclairante aux yeux du croyant, c’est l’impact incroyable de cet événement. Ils étaient une quinzaine, le premier dimanche à être sûrs de la Résurrection. Une semaine après, ils étaient cinq cents. Au bout d’un mois quelques milliers. Dix ans plus tard, peut-être cent mille. Puis des millions dans tout l’Empire romain, surgissant dans toutes les villes, dans tous les villages, dans tous les ports. Ils avaient tout contre eux : les dieux, les empereurs, les intellectuels, les prêtres, les lois, les tribunaux et les fauves du cirque. Ils n’avaient pas d’armée et gagnaient surtout les cœurs des pauvres et des esclaves. Et par millions, ils affirmaient que le Christ n'était pas resté à pourrir dans la tombe. Et aujourd'hui, combien de millions d'êtres humains continuent à porter partout la Bonne Nouvelle de la Résurrection. Avec la Résurrection du Christ, la condition humaine prend un sens. Non, Dieu n'est pas indifférent à la souffrance humaine. Une force nouvelle travaille le monde, une espérance formidable est capable de soulever tout homme de bonne volonté. Bien sûr il y a des laideurs dans le monde : et le chômage, et le cancer, et des casseurs dans les manifs, et des extrémistes dangereux. Bien sûr, il y a des corruptions du plus bas au plus haut niveau de l'échelle, dans la finance, le politique et dans le sport, dans le commercial et même le caritatif. Bien sûr, les hommes ont la faculté de faire sauter la planète, et nous sommes à la merci d'un gouvernant parano. Mais il n'y a pas que du mal dans le monde. Il y a heureusement beaucoup de bien autour de nous. Le voyons-nous, en ce printemps où la vie qui jaillit de partout, est promesse renouvelée d'espérance. Ne demandons pas aux hommes ce qu’ils ne peuvent donner. Tous, nous désirons grandir, croître. Nous ne pouvons stagner, dans une vie sans devenir. Nous voulons avancer, nous laisser habiter par cet appel à la vie qui fait vibrer la planète. Nous voulons être de ceux qui refusent les solutions paresseuses et non pas de ces « n’y a qu’a » qui ont trouvé dans leur fauteuil la solution à tous les problèmes du moment. Nous voulons participer à ce mouvement de fond de solidarité qui est en hausse dans notre société de repus. Mais que voulez-vous, il n'y a pas de croissance sans transformation. On ne transforme pas un monde sans commencer par se transformer soi-même. Or il n'y a pas de transformation sans qu'il y ait en même temps mort de quelque chose. C'est vrai au niveau de la nature : le papillon n'est pas une grosse chenille. Pour que la chenille devienne papillon, il faut qu'elle quitte sa forme de chenille. C'est exactement cela le Mystère de Pâques le passage à une vie meilleure, mais par le sas d'une mort inévitable. Alors où en sommes-nous de notre Pâque ? Celle des « passages » quotidiens : passage du pouvoir au service, de la revanche au pardon, du mensonge à la vérité, de la violence à la paix, de l'orgueil à l'humilité, de la haine à l'amour. N'est-ce pas là où le Seigneur nous attend ?

Prière universelle

Le prêtre : Dieu le Père est riche en amour et en miséricorde. En ce dimanche de la miséricorde divine, confions-lui la prière de notre communauté.

R/: Dans ta miséricorde, Seigneur écoute-nous.

Pour tous les baptisés de Pâques, pour celles et ceux qui désirent recevoir le baptême. Seigneur, nous te prions.

Pour les personnes malades et isolées, pour les prisonniers. Pour celles et ceux qui ont perdu toute espérance. Seigneur, nous te prions.

Pour les hommes et les femmes dont les décisions politiques, économiques ou écologiques gouvernent la marche du monde. Seigneur, nous te prions.

Pour les médecins et humanitaires présents dans les zones de combat, qui risquent leur vie pour sauver celle des autres. Avec le pape François, Seigneur, nous te prions.

Pour les familles, les parents et les enfants de notre communauté, afin que la miséricorde sans cesse les renouvelle. Seigneur, nous te prions.

Le prêtre : Père, Dieu de miséricorde, écoute, nous t’en supplions, la prière que tes enfants t’adressent avec confiance et espérance. Nous te le
demandons, par Jésus le Christ notre Seigneur. — Amen.

 

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